Choix publics et adoption de la monnaie mobile pour une inclusion financière en Haïti
DOI :
https://doi.org/10.66860/mstic.v1.i1.30Mots-clés :
inclusion financière, monnaie mobile, fracture numérique, interopérabilité, incompatibilité des choix publics, HaïtiRésumé
Depuis 2010, la monnaie mobile s’est imposée comme l’un des dispositifs les plus visibles d’élargissement de l’accès aux services financiers en Haïti. Dans un pays où la bancarisation demeure limitée et où les transactions en espèces structurent encore largement l’économie quotidienne, les portefeuilles mobiles (dont MonCash) promettent une inclusion financière fondée sur l’accessibilité, la baisse des coûts de transaction et la fluidification des transferts domestiques et transnationaux. Cet article analyse les déterminants de l’adoption et les effets inclusifs de la monnaie mobile en articulant une lecture micro (perceptions, compétences, profils sociaux) et une lecture institutionnelle (régulation, couverture, réseau d’agents). Mobilisant la théorie de l’incompatibilité des choix publics, l’étude met en évidence les tensions entre logiques de rentabilité des opérateurs, objectifs d’équité territoriale de l’action publique et interventions ponctuelles des bailleurs. À partir d’une enquête auprès de 313 usagers et d’entretiens avec des acteurs clés, elle montre que l’extension de la monnaie mobile dépend, au-delà de l’innovation, d’infrastructures, de confiance, d’interopérabilité et de programmes de littératie numérique susceptibles de transformer l’accès technique en capacité effective.
