Jeux d’enfants et enjeux de société en Haïti
DOI :
https://doi.org/10.66860/scmse.v1.i1.28Mots-clés :
violence politique, jeux d’enfants, représentations sociales, préadolescents, HaïtiRésumé
Dans un contexte où la violence politique structure durablement l’espace public haïtien, cet article interroge ses effets sur des préadolescents (9–11 ans) à partir d’un angle original : leurs jeux spontanés. L’objectif est de montrer comment les activités ludiques, loin d’être neutres, fonctionnent comme un langage d’auto-expression et de mise en scène de contraintes sociales, en reliant effets à court terme (comportements, affects) et inscriptions plus longues (traumatismes, apprentissages sociaux). La méthode repose sur une approche qualitative par observation (directe et indirecte) menée entre mai et juillet 2024 auprès de 28 enfants, répartis entre un cadre institutionnel (CDEJ) et un espace de rue (rue Famosa, Delmas 33), avec constitution d’un corpus verbal et gestuel analysé par analyse de contenu. Les résultats mettent en évidence la centralité de la violence verbale et gestuelle dans une diversité de jeux, interprétée comme représentations sociales de rapports de rivalité/amicité, domination/dominé et passé/présent. L’apport principal réside dans une lecture post-structurale du jeu comme révélateur des contradictions sociopolitiques et dans l’appel à des interventions éducatives et psychosociales visant des espaces ludiques sécurisés.
