Gouvernance urbaine et évaluation des politiques publiques en Haïti
<b>Vers un modèle territorialisé pour les métropoles fragiles</b>
DOI :
https://doi.org/10.66860/djg.v2.i1.62Mots-clés :
évaluation des politiques publiques, gouvernance urbaine, Haïti, Port-au-Prince, métropoles fragiles, imbrication territoriale, justice territorialeRésumé
Cet article analyse les conditions d’institutionnalisation de l’évaluation des politiques publiques urbaines en Haïti, dans un contexte marqué par l’urbanisation rapide, la fragmentation institutionnelle, l’insécurité métropolitaine, les déplacements internes et la dépendance aux financements externes. À partir d’une méthodologie qualitative, documentaire et analytique, l’étude mobilise deux cadres complémentaires : l’imbrication territoriale, qui permet de comprendre la superposition des acteurs, des échelles et des responsabilités, et l’incompatibilité des choix publics, qui éclaire les tensions entre priorités centrales, contraintes budgétaires, impératifs sécuritaires et besoins localisés. L’article montre que l’évaluation urbaine en Haïti demeure ponctuelle, sectorielle, faiblement capitalisée et insuffisamment reliée aux arbitrages budgétaires. En réponse, il propose un modèle territorialisé d’évaluation combinant critères internationaux, participation citoyenne, justice territoriale, résilience, maintenance et apprentissage institutionnel. La contribution est théorique, méthodologique et opérationnelle : elle clarifie les conditions dans lesquelles l’évaluation peut devenir un instrument de redevabilité, de coordination et de transformation de l’action publique urbaine dans les métropoles fragiles.
